«Vivre est ce qu’il y a de plus beau au monde, la plupart de gens existent, c’est tout », écrit, provocateur, Oscar Wilde. Mais vivre, c’est d’abord vivre sa vie. Il y de nombreuses années de cela je me suis fait cette injonction que je retrouve, sous une forme racoleuse, dans une publicité pour je ne sais quel produit : Vis ta vie. Laissons de côté la récupération marchande de ce qui est, à mes yeux, un précepte de bon sens et une leçon de savoir être pour nous attacher au sens réel que recouvre la formule.
C’est d’abord face au malheur qui frappe sans crier gare que je me suis dit cela en complétant avec son corollaire : les vies les plus belles sont celles que l’on vit. Qu’il n’y ait pas méprise. Je sais bien ce qu’il y a d’indécence à dire à celui qui est dans la très grande misère matérielle de vivre sa vie. Inviter les déshérités à la résignation pour laisser le terrain libre à ceux qui se nourrissent grassement du renoncement des laissés pour compte serait indigne et grotesque. Lutter pour se faire une place au soleil est nécessaire et nourrir de grandes espérances pour améliorer son sort est légitime.
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