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	<title>Idriss &#187; Regards Obliques (1986)</title>
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	<description>Driss Alaoui Mdaghri</description>
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		<title>Wait and see</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 12:14:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>idriss</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;entraineur du onze anglais appréhende les conditions climatiques qui prévaudront lors des matchs à disputer par son équipe au Mundial 1986. Un britannique journaliste écrit à ce sujet : &#171;&#160;Si l&#8217;équipe d&#8217;Angleterre ne peut &#8216;se payer&#8217; le 11 marocain sous n&#8217;importe quelles conditions, alors le voyage au Mexique ne se justifie presque pas&#160;&#187;. Mais, just [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;entraineur du onze anglais appréhende les conditions climatiques qui prévaudront lors des matchs à disputer par son équipe au Mundial 1986.</p>
<p>Un britannique journaliste écrit à ce sujet : &laquo;&nbsp;Si l&#8217;équipe d&#8217;Angleterre ne peut &#8216;se payer&#8217; le 11 marocain sous n&#8217;importe quelles conditions, alors le voyage au Mexique ne se justifie presque pas&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais, just a minute.</p>
<p>L&#8217;Equipe du Maroc n&#8217;est pas à vendre. Et de un.</p>
<p>Le flegme et le sens de l&#8217;humour britanniques se perdent. Et de deux.</p>
<p>Et puis ne sont-ce pas les Anglais qui disent Wait and see. Et de trois.</p>
<p>En attendant les compétitions, voilà un premier score.</p>
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		<title>La coupe du Monde</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 12:10:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>idriss</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[La Coupe du Monde est pleine de détournements d&#8217;avions, explosions de bombes, rapts, viols, incendies criminels, et j&#8217;en passe&#8230; Je vous le dis, la Coupe du Monde déborde. Alors, Mesdames et Messieurs les violents, de grâce, prenez la coupe mais laissez le monde.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Coupe du Monde est pleine de détournements d&#8217;avions, explosions de bombes, rapts, viols, incendies criminels, et j&#8217;en passe&#8230;</p>
<p>Je vous le dis, la Coupe du Monde déborde. Alors, Mesdames et Messieurs les violents, de grâce, prenez la coupe mais laissez le monde.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les extra-lucides</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 12:08:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>idriss</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[Les voyants, chiromanciens et autres diseurs de bonne aventure ne chôment pas en cette fin d&#8217;année. Et de prédire le rhume qu&#8217;attrapera untel, le cyclône qui ravagera telle région, les guerres qui se produiront ici ou là, le taux du dollar qui se mettra au vert, etc&#8230; La demande en expansion aidant les extra-lucides, à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les voyants, chiromanciens et autres diseurs de bonne aventure ne chôment pas en cette fin d&#8217;année.</p>
<p>Et de prédire le rhume qu&#8217;attrapera untel, le cyclône qui ravagera telle région, les guerres qui se produiront ici ou là, le taux du dollar qui se mettra au vert, etc&#8230;</p>
<p>La demande en expansion aidant les extra-lucides, à défaut d&#8217;un public vraiment lucide, se font en ce moment beaucoup d&#8217;extras.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>P.V.D. &#8211; Amérique, même combat</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 12:06:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>idriss</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Mettez-vous à notre place&#160;&#187; demandent depuis des lustres les P.V.D. fortement endettées (1.000 milliards de dollars) aus pays riches. Il semble que cela ne soit pas tombé tout à fait dans l&#8217;oreille d&#8217;un sourd. L&#8217;Amérique, vient-on d&#8217;annoncer, aura également une dette à la fin de la décennie 1990 de 1.000 milliards de dollars. P.V.D.-Amérique, même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Mettez-vous à notre place&nbsp;&raquo; demandent depuis des lustres les P.V.D. fortement endettées (1.000 milliards de dollars) aus pays riches.</p>
<p>Il semble que cela ne soit pas tombé tout à fait dans l&#8217;oreille d&#8217;un sourd. L&#8217;Amérique, vient-on d&#8217;annoncer, aura également une dette à la fin de la décennie 1990 de 1.000 milliards de dollars.</p>
<p>P.V.D.-Amérique, même combat</p>
<p>Et puisque c&#8217;est l&#8217;Amérique qui fabrique les dollars, une suggestion : au lieu de 1.000 milliards, peut-être pourrait-elle fabriquer le moment venu 2.000.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Jurisprudence</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 12:00:16 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[M. Bouteflika, ancien Ministre Algérien des Affaires Etrangères, se fait évincer du pouvoir et se met à critiquer les dirigeants en place. Aussitôt la Cour des Comptes de son pays incrimine sa gestion. M. Ben Bella, ancien Président de l&#8217;Algérie, demande le respect des droits de l&#8217;homme par ces mêmes dirigeants. Aussitôt la Cour publie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>M. Bouteflika, ancien Ministre Algérien des Affaires Etrangères, se fait évincer du pouvoir et se met à critiquer les dirigeants en place. Aussitôt la Cour des Comptes de son pays incrimine sa gestion.</p>
<p>M. Ben Bella, ancien Président de l&#8217;Algérie, demande le respect des droits de l&#8217;homme par ces mêmes dirigeants. Aussitôt la Cour publie un arrêt mettant en cause sa gestion d&#8217;il y a vingt ans.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que naît une jurisprudence.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Tirage au score</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Aug 2009 07:46:46 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[Un journal titrait après le tirage au sort de la composition des groupes lors de la prochaine édition de la Coupe du Monde de Football au Mexique : &#171;&#160;Notre équipe a gagné qu tirage au sort&#160;&#187;. Fort bien ! Je crois, pour ma part, qu&#8217;il vaut mieux perdre au tirage au sort et gagner sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un journal titrait après le tirage au sort de la composition des groupes lors de la prochaine édition de la Coupe du Monde de Football au Mexique : &laquo;&nbsp;Notre équipe a gagné qu tirage au sort&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Fort bien !</p>
<p>Je crois, pour ma part, qu&#8217;il vaut mieux perdre au tirage au sort et gagner sur le terrain que de perdre sur le terrain et gagner au tirage au sort.</p>
<p style="text-align: right;"><em>tiré de Regards Obliques aux Editions La Surprise &#8211; 1986</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Vérité en deça, erreur au-delà</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Aug 2009 07:43:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>idriss</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[Si j&#8217;étais espagnol, j&#8217;aurais du mal à comprendre la position de mon pays vis-à-vis de Gibraltar d&#8217;un côté et Sebta et Melillia de l&#8217;autre. Comme je ne suis pas espagnol, je comprends au moins une chose : ce qui est vérité en deça de la Méditerranée, est erreur au-delà. Alors, serait-ce trop demander aux héritiers [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si j&#8217;étais espagnol, j&#8217;aurais du mal à comprendre la position de mon pays vis-à-vis de Gibraltar d&#8217;un côté et Sebta et Melillia de l&#8217;autre.</p>
<p>Comme je ne suis pas espagnol, je comprends au moins une chose : ce qui est vérité en deça de la Méditerranée, est erreur au-delà.</p>
<p>Alors, serait-ce trop demander aux héritiers de Cervantès que d&#8217;avoir l&#8217;extrême obligeance, à défaut de maintenir une ligne de conduite logique, de déplacer quelque peu la ligne de démarcation entre vérité et erreur.</p>
<p style="text-align: right;"><em>tiré de Regards Obliques aux Editions La Surprise &#8211; 1986</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le point de départ</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 08:20:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>idriss</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour la première fois dans l&#8217;histoire, selon un rapport du G.A.T.T., le volume du commerce entre les deux rives du Pacifique a été plus important qu&#8217;entre les deux rives de l&#8217;Atlantique. On oublie de préciser que, bien avant, c&#8217;est le bassin méditerranéen qui attirait le gros du commerce international. Il n&#8217;y a donc pas lieu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la première fois dans l&#8217;histoire, selon un rapport du G.A.T.T., le volume du commerce entre les deux rives du Pacifique a été plus important qu&#8217;entre les deux rives de l&#8217;Atlantique.</p>
<p>On oublie de préciser que, bien avant, c&#8217;est le bassin méditerranéen qui attirait le gros du commerce international.</p>
<p>Il n&#8217;y a donc pas lieu de s&#8217;inquiéter, la terre étant ronde et le commerce continuant à se déplacer, on finira par revenir au point de départ.</p>
<p style="text-align: right;"><em>tiré de Regards Obliques aux Editions La Surprise &#8211; 1986</em></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Les bons comptes &#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Aug 2009 14:31:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>idriss</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[La C.E.E. vient d&#8217;annoncer l&#8217;octroi de dons à 10 pays en voie de développement pour un montant total de 70 millions de dollars U.S.. C&#8217;est beaucoup ! C&#8217;est bien ! C&#8217;est généreux ! Faisons tout de même une petite opération d&#8217;arithmétique. Las 10 pays en question représentent une population de 120 millions d&#8217;habitants, à peu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La C.E.E. vient d&#8217;annoncer l&#8217;octroi de dons à 10 pays en voie de développement pour un montant total de 70 millions de dollars U.S..</p>
<p>C&#8217;est beaucoup ! C&#8217;est bien ! C&#8217;est généreux !</p>
<p>Faisons tout de même une petite opération d&#8217;arithmétique.</p>
<p>Las 10 pays en question représentent une population de 120 millions d&#8217;habitants, à peu près, cela fait un donc à peine supérieur à un demi dollar pour chacun. La population de la C.E.E. étant de plus de 300 millions, ceal fait une dépense inférieure à un quart de dollar par habitant.</p>
<p>Il ne faut certes pas se livrer à des calculs épiciers, mais les bons comptes font les bons amis.</p>
<p style="text-align: right;"><em>tiré de Regards Obliques aux Editions La Surprise &#8211; 1986</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Préface de Michel JOBERT</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Aug 2009 14:25:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>idriss</dc:creator>
				<category><![CDATA[Regards Obliques (1986)]]></category>

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		<description><![CDATA[Préface parue dans Regards Obliques aux éditions La Surprise &#8211; 1986 TIRS DE FLAN A dessein, je choisis le titre de cet avant-propos, trop long pour présenter une oeuvre de concision : ainsi Idriss, s&#8217;il en est tenté, connaissant mon goût pour la paresse, pourra-t-il consacrer le moins de lignes aux &#171;&#160;tirs de flan&#160;&#187; ou aux &#171;&#160;tire-au-flan&#160;&#187;. Ces &#171;&#160;Regards [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><em>Préface parue dans Regards Obliques aux éditions La Surprise &#8211; 1986</em></p>
<h3 style="text-align: center;">TIRS DE FLAN</h3>
<p>A dessein, je choisis le titre de cet avant-propos, trop long pour présenter une oeuvre de concision : ainsi Idriss, s&#8217;il en est tenté, connaissant mon goût pour la paresse, pourra-t-il consacrer le moins de lignes aux &laquo;&nbsp;tirs de flan&nbsp;&raquo; ou aux &laquo;&nbsp;tire-au-flan&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ces &laquo;&nbsp;Regards Obliques&nbsp;&raquo; sont comme les fameuses &nbsp;&raquo;orgues de Staline qui, en cinq secondes, lâchent quarante coups au but. L&#8217;auteur est artilleur. Il lui arrive de se dire sensible ou revenu de tout, ce qui signifie la même chose. Mais quelle cruelle précision : on comprend le Journal qui ne laisse à Idriss qu&#8217;un tout petit rectangle pour exercer ses ravages. Néanmoins, la Rédaction, est bien courageuse car le rapport superficie/rendement est excellent, bien meilleur que celui qualité/prix, dont Idriss, économiste à ses heures, est virtuose. A mois que, comme il l&#8217;écrit, la Rédaction ne lise pas ses billets et, quand ils ne sont pas livrés à l&#8217;heure, ne s&#8217;aperçoive pas de leur absence.</p>
<p><span id="more-29"></span></p>
<p>Pourtant, un regard oblique, cela compte ! Cette façon assassine de regarder le monde comme il va et d&#8217;éviter de s&#8217;engluer dans les pâtes opiacées, qu&#8217;il sécrète pour endormir le bon peuple. Je ne puis me prévaloir de mon affection pour la Maroc, pour demander à Idriss de franchir le pas, de ne pas se contenter de l&#8217;oblique, pour rejoindre &laquo;&nbsp;l&#8217;ailleurs&nbsp;&raquo;, où je me tiens, sans confort, certes, mais dans la paix. Comme il est poète &#8211; je le sais &#8211; il y est déjà : &laquo;&nbsp;la tête dans les étoiles&nbsp;&raquo;, immanquablement, il heurtera ma planète, où on l&#8217;accueillera avec amitié.</p>
<p>Mais cessons de plaider pour le bon sens et évoquons toute la déraison de l&#8217;exercice auquel Idriss s&#8217;astreint, sans qu&#8217;on le lui ait demandé, et bien qu&#8217;il ne perçoive toute la vanité : avec une vingtaine de canons jumelés, on ne bombarde pas utilement la planète, même aves des tirs de flancs qui frappent cette tortue au défaut des pattes et à l&#8217;improviste. Idriss est bien lucide : il s&#8217;épuisera, le premier, de trop de joie ou avec, en prime, quelques joies chèrement payées.</p>
<p>Car aimable lecteur, qui supportez le préfacier et l&#8217;auteur, imaginez que, indigné, par notre conjointe médiocrité, vous décidiez, car ce n&#8217;est pas difficile, de faire mieux. Je vous souhaite bien du plaisir, comme disait, à d&#8217;autres usages, le Général de Gaulle. Voici ce que vous allez faire, en effet. Court ; ou court ! Sinon ce n&#8217;est pas la peine de commencer. Dès le démarrage, il faut appuyer sur le frein, et le bloquer, au bout de la ligne. Ecrire long, ce n&#8217;est pas difficile : comme pour les potages en sachets, ajoutez beaucoup d&#8217;eau ! Un billet n&#8217;est jamais trop court; Le meilleur n&#8217;aura qu&#8217;un mot, s&#8217;il en faut un. O lecteur, voici donc &laquo;&nbsp;l&#8217;ardente obligation&nbsp;&raquo; du rien ou du presque rien ; il faut cultiver des bonzaïs et non des cèdres, chercher la puce sur le dos du lion, avec son accord, peu fréquent ; sans son accord, ce qui risque de mettre fin prématurément à votre carrière. Vous allez vous consacrer à une production artistique insolite : la miniature énorme. Pas commode, je vous le dis !</p>
<p>Si vous avez des oreilles et des yeux, il resteront désormais tout grands ouverts : l&#8217;insolite du monde devient votre aventure. Si encore celui-ci était évident, visible, il serait aisément &laquo;&nbsp;co-habitable&nbsp;&raquo;. Mais votre traque devient celle de l&#8217;insolite caché, hypocrite et ravageur. Comme le dahu, on ne le voit pas ; on soupçonne sa présence. De là à pouvoir s&#8217;affirmer&#8230; Quand on a la prétention de jeter des regards oblique, on ne peut se contenter de faire &laquo;&nbsp;l&#8217;oeil de veau&nbsp;&raquo; ou de l&#8217;avoir &#8211; dans ce cas, inutile de commencer&#8230; A supposer que vous n&#8217;ayez donc pas le regard doux, humide et myope des gentils veaux &#8211; élevés sous la mère, les meilleurs &#8211; votre vie devient l&#8217;enfer. L&#8217;audio-visuel sera votre obsession, de chaîne en ondes, d&#8217;ondes en pages, vous allez chercher désespérément l&#8217;idée qui fera &laquo;&nbsp;tilt&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;pshitt&nbsp;&raquo;, du moins dans votre esprit, sinon parmi vos lecteurs, si vous arrivez à en avoir. Vous connaîtrez, l&#8217;obsession de la page blanche, qu&#8217;éprouvera si fort un ancien Président de la Rébublique Française, mais l&#8217;obsession du quarantième blanc de la page une, la Rédaction étant généreuse et imprudente.</p>
<p>Avant de vous vouer au plus grand tourment que l&#8217;homme puisse connaître &#8211; l&#8217;impuissance &#8211; laissez-moi vous dire que c&#8217;est le diable qui vous y conduit et que , dans cette carrière-là, on ne faut pas de vieux os. Sauf, évidemment, si la grâce divine vous protège, le &laquo;&nbsp;billetiste&nbsp;&raquo; du &laquo;&nbsp;Figaro&nbsp;&raquo;, qui a pu s&#8217;assurer l&#8217;éternité en proclamant : &nbsp;&raquo; Dieu existe, je l&#8217;ai rencontré&nbsp;&raquo;. Idriss, malgré le prénom prestigieux, si cher dans mon fief de Moulay Idriss Zarhoun, ne peut être aussi affirmatif. Sinon, il serait déjà saint-patron&nbsp;&raquo;, en puissance de Kouba et de dévouements. Non ! Le &laquo;&nbsp;billetiste&nbsp;&raquo; est le plus fous des paranoïaques,. Que le bordelais Robert Escarpit me pardonne : ah ! qu&#8217;il a brillamment tenu la rampe pendant les années fastes du &laquo;&nbsp;Monde&nbsp;&raquo;, où l&#8217;intelligentzia s&#8217;y alimentait comme dans un supermarché de luxe. Il a fini par lâcher prise, peu après qu&#8217;il eut trouvé, dans mes modestes manifestations ministérielles, le meilleur de son inspiration. Du moins, sut-il se retirer avant le total épuisement, réservant à ses amis les miracles quotidiens de son esprit. J&#8217;ai connu les affres de ses successeurs : l&#8217;un était obscur et éprouvait ainsi le besoin d&#8217;un ou deux paragraphes complémentaires, tandis que la nuit océane recouvrait sa voix. Un autre essaya d&#8217;attirer l&#8217;attention. Mais une forte houle l&#8217;engloutit après quelques brasses. Dans l&#8217;ombre aussi, la direction du journal, qui fut depuis confrontée à de bien plus graves urgences, préparait une relève : un des mes amis, pendant six mois, livra chaque matin au journal un ou plusieurs billets, au jugement de ces messieurs ; on ne le publiait pas, on ne le payait donc pas. Quand il fut agréé, après cette longue probation, on lui alloua une pige symbolique, car l&#8217;honneur de paraître dans ce journal était, lui dit-on, la meilleure des rémunérations. Cet homme se mobilisa entièrement, comme j&#8217;ai essayé de le dire. Il empoisonna la vie de sa famille, connût la seule joie d&#8217;avoir beaucoup d&#8217;ennemis et l&#8217;angoisse d&#8217;être bon, peut-être une fois sur deux. Proportion excessive qui lui valut les tirs de flanc de l&#8217;envie, le laissant plus abattu que la réussite ne l&#8217;exaltait. Il s&#8217;en alla avant d&#8217;en mourir. Depuis, je ne lis plus ces billets-là du journal. Sans doute sont-ils moins bons ou sont-ils devenus orduriers ou vulgaires, pour faire &laquo;&nbsp;in&nbsp;&raquo;. La mode en passera, patience !</p>
<p style="text-align: center; ">&#8212;&#8212;</p>
<p>Valeureux, courageux Idriss qui , non seulement ne prend plus de vacances, mais étudie celles des autres. Il entend tout, sait tout, juge tout. brave chèvre de M. Seguin qui cornes pointées, se battra jusqu&#8217;à l&#8217;aube contre le loup. L&#8217;animal cruel se déguise sans cesse : en ministre, en contrôleur du fisc, en voisin malotru, en automobiliste imprudent, en verbalisateur ou en moralisateur, en prédicateur ou en cynique &#8211; du pareil au même, quoi ! A force d&#8217;affûter ses cornes contre l&#8217;ennemi multiforme, Idriss aura vite  le front dégarni. Il passera, sans que le journal ne lui envoie même une couronne de roses de sable du Sahara. Comme d&#8217;une chaussure, on dira : &laquo;&nbsp;Il n&#8217;est usé bien vite !&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Cher Idriss, vous aurez fait ma joie : je vous au placé parmi les plus grands, ces chevaliers de l&#8217;impossible. J&#8217;interpellais ma secrétaire : &laquo;&nbsp;Mais lisez-le donc ! C&#8217;est pas mal du tout !&nbsp;&raquo;. La raison revenue, vous rejoindrez la poésie, notre mère, à la demeure discrète. Mais que de mots ! Cher lecteur, je n&#8217;étais vraiment pas qualifié pour un billet sur le &laquo;&nbsp;billetiste&nbsp;&raquo;.</p>
<p>- &laquo;&nbsp;Allo, oui, M. le Directeur, je vous écoute. Quoi ? Moi, remplacer Idriss ? Vous n&#8217;y pensez pas ! Je rêve sous mon figuier&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: right; "><strong>Michel JOBERT</strong></p>
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